Sur les traces des Saints

31 juillet 2011

St Rafael Arnáiz Barón (1911-1938)

Afin de terminer la présentation des différents Saints que les jeunes auront la possibilité de découvrir, attardons-nous sur la vie de St Rafael Arnáiz Barón.


Rafael Arnáiz Barón est né le 9 avril 1911 à Burgos, premier de quatre enfants d’une famille aisée, catholique pratiquante. En 1930, tout jeune bachelier, il passe ses vacances d’été chez son oncle et sa tante, ducs de Maqueda, à Pedrosillo, dans la province d’Avila. C’est le début d’une amitié spirituelle intense entre Rafael et ses oncles, dont témoigne une correspondance abondante et profonde. A l’issue de ces vacances, sur le conseil de son oncle, Rafael passe son premier séjour à la Trappe de San Isidoro de Dueñas : séduit par le silence, il fut enthousiasmé par la beauté du lieu et par les sonorités du Salve Regina entendu à Complies.


Très doué pour le dessin, Rafael commence des études prometteuses d’architecture à Madrid. Il aime la vie et connaît les adresses des bons restaurants à travers toute l’Espagne. Mais il prend assez vite la décision d’entrer au monastère. Au printemps 1934, alors qu’il était convaincu d’avoir trouvé sa vocation, un diabète se déclare d’une façon foudroyante et oblige le novice presque moribond à quitter, triste et perplexe, son cher monastère. Après une convalescence de près de deux ans, il revient à San Isidoro mais en qualité de simple oblat : sa maladie ne lui permet pas de suivre les exigences de la Règle. L’automne 1936 le voit encore en dehors de son monastère en raison de la Guerre Civile mais il est déclaré inapte au port des armes. Sa faible santé l’oblige à quitter le monastère une troisième fois (février-décembre 1937) : il achève ainsi de se dépouiller de lui-même. Il vit son dernier séjour à la Trappe du 15 décembre 1937 au 26 avril 1938 comme une préparation au dernier dépouillement, celui de la vie.
Jusqu’au bout, Saint Rafael s’est laissé conduire par Dieu : sa vocation, embrassée avec enthousiasme et sans cesse contrariée par la maladie, par la guerre, a été de renoncer entièrement à soi-même, à ses dernières illusions. Il a même dû renoncer à prononcer les vœux de trappiste. Mais son noviciat, accompli dans la solitude et la maladie humiliante, s’achève lorsqu’à Pâques, enfin revêtu de la coule par une faveur spéciale de son abbé, il fait par son passage vers la vraie vie la profession qu’il n’avait pu faire parmi ses frères de la terre.


Rafael a pu vivre ce dépouillement si dramatique dans un enthousiasme débordant et une joie qui possède un certain humour. En lisant ses lettres, on découvre que cet humour n’était pas naïveté mais une réelle humilité. Rafael est « un trappiste fou et excité d’amour pour Dieu », qui sans cesse se retient de crier à tue-tête la miséricorde de Dieu à son égard. Et cette force le fait pénétrer toujours davantage dans une réduction à l’essentiel, à ce qui comble son cœur en vérité : « Dieu seul ». Dans la solitude et le silence, sans autre directeur spirituel que Jésus, la souffrance de la Croix devient le lieu propre où il renonce à lui-même. Sa propre souffrance, acceptée comme grâce de Dieu, permet le dépouillement ultime de l’humilité, jusqu’à la mort. Raphaël ne s’appartient plus, il n’y a que « Dieu seul », le message fou de l’amour.


Rafael a été béatifié le 27 septembre 1992, canonisé le 11 octobre 2009.