Sur les traces des Saints

31 juillet 2011

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

Première femme reconnue docteur de l’Église Catholique, Sainte Thérèse d’Avila a joué et joue toujours un rôle prédominant au sein de celle-ci. Quelques lignes vous sont proposées afin de mieux la découvrir.


Portrait :
« Elle était de bonne stature, et au temps de sa jeunesse, belle, et encore au temps de sa vieillesse, elle supportait bien sa fatigue, le corps épais et très blanc, le visage rond et plein, de bonne taille et proportion ; le teint de couleur blanche et incarné, et lorsqu’elle était en prière, il s’enflammait et elle devenait très belle, tout ce teint clair et paisible ; la chevelure, noire et crépue, le front large, égal et beau ; les sourcils de couleur claire et tirant un peu sur le noir, grands, un peu épais, non en arc, un peu plat. » Francisco de Rivera


 


Naissance d’une vocation :
En 1527, à l’âge de douze ans, Thérèse perdit sa mère. Passionnée de romans de chevalerie, elle oublia ses jeux d’enfance et chercha à paraître. « J’ai commencé à porter de beaux habits, et à vouloir paraître élégante, je soignais mes mains, ma coiffure et mes parfums, et toutes les vanités de cet âge, car j’étais très curieuse… Il me semble que ce fut lorsque je me mis à fréquenter une certaine parente, à l’âge de quatorze ans, que le péché mortel m’éloigna de Dieu. »


Pendant trois mois, et avec la complicité des domestiques, elle succomba aux passe-temps des agréables compagnies, faisant ainsi courir un danger à elle-même et à l’honneur de son père et de ses frères. Néanmoins, elle déclare « qu’elle détestait les choses malhonnêtes ». Son père coupa le mal à la racine en envoyant Thérèse au couvent de Santa María de Gracia à Ávila en 1531. Thérèse supporta difficilement son manque de liberté. Elle ne voulait pas devenir sœur et ses adorateurs lui envoyaient des billets. Thérèse y resta jusqu’à l’automne 1532.


 


Vocation à l’Amour reçu et donné :
Tombée gravement malade, elle dut rentrer chez son père. Luttant contre elle-même, elle parvint enfin à lui dire qu’elle souhaitait entrer dans les ordres, tout en sachant qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision. Son père lui répondit qu’il ne l’accepterait jamais de son vivant. Thérèse fugua du domicile familial le 2 novembre 1533 pour le couvent de l’Incarnation d’Ávila. Celui-ci était un monastère non cloîtré permettant aux religieuses de sortir et de recevoir des visites. Elle y fit ses vœux le 3 novembre 1534. Thérèse passa vingt-sept ans dans cette communauté très nombreuse, de style encore médiéval. Bien que religieuse, elle garda une vie « mondaine » dans un quotidien plutôt routinier. Sa santé se détériora et elle souffrit très probablement de crises d’épilepsie.


Les derniers mots de son père (décédé en 1541) et la lecture des Confessions de Saint Augustin l’encouragea dans sa conversion. En 1555, les Jésuites Juan de Padranos et Baltasar Alvarez fondèrent un collège à Avila. Padranos devint le confesseur de Thérèse ; l’année suivante (1556), celle-ci commença à ressentir des faveurs spirituelles intenses. En 1557, elle fut encouragée par saint François Borgia. En 1558, elle eut sa première apparition ainsi que la vision de l’enfer. En 1559, elle prit pour confesseur Baltasar Alvarez, qui dirigea sa conscience pendant six ans. En 1560, elle fit le vœu de toujours aspirer à la plus grande perfection. Elle commença à concevoir un projet de réforme de l’Ordre du Carmel : elle voulait fonder à Ávila un monastère observant strictement la règle de l’Ordre. Cela inclurait l’obligation de la pauvreté, de la solitude et du silence.


Son confesseur, le Dominicain Pedro Ibáñez, lui ordonna d’écrire sa vie. Ce travail allait durer de 1561 à juin 1562. Elle y laisse les marques d’une passion vive et d’une franchise absolue. Elle manifeste également une profonde union spirituelle entre elle et le Christ. Elle voyait Dieu, la Vierge, les saints et les anges dans toute leur splendeur. Elle recevait d’en-haut des inspirations et des conseils pour discipliner sa vie intérieure. Elle révèle ses grandes aspirations. Sainte Thérèse avait plus de quarante-trois ans quand elle vécut sa première extase. Ses visions se succédèrent sans interruption pendant deux ans et demi (1559-1561). Soit par méfiance, soit pour la mettre à l’épreuve, ses supérieurs lui interdirent de s’abandonner à cet ardent penchant pour les dévotions mystiques. Ils lui ordonnèrent de résister à ces extases, dans lesquelles se consumait sa santé. Elle obéit, mais en dépit de ses efforts, sa prière était si continue que même le sommeil ne parvenait à en arrêter le cours. Simultanément, embrasée d’un violent désir de voir Dieu, elle se sentait mourir.


« Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n’était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré, qu’il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu’ils semblent s’enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d’or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l’enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu’il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d’un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle m’arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu’on ne pouvait que désirer qu’elle se poursuive, et que l’âme ne se contente de moins que Dieu. Ce n’est pas une douleur corporelle, mais spirituelle, même si le corps y participe un peu, et même très fort. C’est un échange d’amour si suave qui se passe entre l’âme et Dieu, que moi je supplie sa bonté de le révéler à ceux qui penseraient que je mens… Les jours où je vivais cela, j’allais comme abasourdie, je souhaitais ni voir ni parler avec personne, mais m’embraser dans ma peine, qui pour moi était une des plus grandes gloires, de celles qu’ont connu ses serviteurs » (Vie de Sainte Thérèse, chap. XXIX).


Une réformatrice :
Sa vie spirituelle profonde déboucha sur un zèle intense ! Mécontente du « relâchement » des règles, Thérèse décida de réformer l’ordre pour revenir à l’austérité, la pauvreté et l’isolement marques authentiques de l’esprit carmélite. Non sans hésitation, le supérieur des Carmes autorisa en 1567 la création de couvents. Cet essaimage dans toutes les provinces d’Espagne généra de nombreux voyages pour la sainte qui fonda 17 couvents (Le Livre des fondations). De 1567 à 1571, elle fonda à Medina del Campo, Malagón, Valladolid, Tolède, Pastrana, Salamanque et Alba de Tormes. Elle suscite le même élan chez les frères carmes, dont l’un des premiers fut Jean de la Croix.


Thérèse mourut le 4 octobre 1582, quand l’Espagne et le monde catholique basculèrent du calendrier julien au calendrier grégorien (c’était donc la nuit du jeudi 4 au vendredi 15 octobre 1582). Aujourd’hui, l’Eglise fait mémoire de Sainte, Thérèse le 15 octobre. Elle a été déclaré « Docteur de l’Eglise » par le Pape Paul VI.


Ses écrits furent abondants, retenons et allons lire, avant : « le Chemin de la Perfection » et « Le château intérieur » et ses très nombreuses correspondances et poésies…


Nada te turbe,
nada te espante,
todo se pasa,
Dios no se muda
La paciencia todo lo alcanza
quien a Dios tiene
nada le falta

solo Dios basta.


Que rien ne te trouble
Que rien ne t’effraie
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience permet tout
Qui en Dieu a foi
Ne manquera de rien
Seul Dieu suffit.